FOCUS CROISES : POLE FEMININ MONTOIS x FC TARTAS ST YAGUEN
Publié le 14/05/2026
À l’occasion de la finale de la Coupe des Landes féminine ce jeudi 14 mai, coup de projecteur sur l’incroyable duel entre le FC Tartas St Yaguen et le Pôle Féminin Montois. Les deux formations sont à égalité parfaite de points en championnat et se livrent une course effrénée à la montée. Dans cette affiche au sommet où Tarusates et Montoises se disputent la suprématie landaise, les deux clubs portent fièrement leurs couleurs après trois confrontations en championnat cette saison : deux victoires de Tartas (3-0 et 1-0), et un précieux succès montois il y a deux semaines (3-2).
Mais une question plane au-dessus de ce grand rendez-vous : les deux équipes parviendront-elles à faire abstraction de la pression du classement pour se concentrer pleinement sur la coupe ? Ou ce match deviendra-t-il le tournant décisif de leur saison ? Ce choc s’annonce comme un véritable test de caractère, où la solidarité, le mental et les ajustements tactiques devront primer pour transformer cette belle histoire en sacre historique.
À l’approche de ce rendez-vous de gala, nous avons réuni les deux entraîneurs pour une interview croisée. La question est simple : comment leurs groupes s’apprêtent-ils à jouer leur destin sur un seul match, entre enjeu de coupe et bataille pour la montée ?
Une finale entre maîtrise et émotions
Dans ce type de rendez-vous, la gestion de l’événement est souvent déterminante. Du côté de Tartas, le ton est donné d’emblée : pas question de parler de pression. Mathieu Lalanne préfère relativiser et replacer le match dans un cadre plus sain. « Je n’aime pas trop parler de pression. La pression est souvent source d’excès et de débordements. Un peu de stress pour les joueuses, oui, certainement, mais de la pression, non. »
Habituées désormais à ce niveau, avec une deuxième finale consécutive, les Tarusates veulent avant tout profiter du moment. « On compte bien profiter de la fête du football féminin landais », glisse Mathieu Lalanne, dans une approche tournée vers le plaisir et la libération.
En face, Vincent Fayolle et son staff — Baptiste Bart et Jean-Noël Guibert — adoptent une vision différente, presque méthodique. Pour eux, cette finale s’inscrit dans la continuité du travail accompli tout au long de la saison. « Le championnat est le quotidien, une sorte de salaire hebdomadaire. Cette finale est une prime que les joueuses méritent », explique Vincent Fayolle. Si la pression existe, elle est canalisée par la force du collectif, capable de « positiver ce moment pour aller chercher un bonus ».
Aucune surprise, mais un vrai combat
Difficile de créer l’inconnu dans une affiche aussi familière. Quatre matchs cette saison, une parfaite égalité au classement : les deux équipes avancent avec des repères solides et une connaissance mutuelle aiguisée.
« Nous connaissons les qualités de nos adversaires, mais nous avons aussi quelques belles qualités », souligne sobrement Mathieu Lalanne. Même logique du côté montois, où l’analyse de Vincent Fayolle est encore plus directe : « Sur ces quatre matchs, c’est toujours l’équipe qui a le plus joué et le mieux joué qui l’a emporté. Il n’y a pas eu de coup de chance. »
Dans ces conditions, la dernière confrontation n’a que peu d’impact sur la préparation. « Pas grand-chose, pour être honnête », confie Mathieu Lalanne. Une position partagée par le staff montois : « Rien. Chaque match est différent », insiste Vincent Fayolle, fidèle à une préparation rigoureuse et constante.
Deux projets qui se répondent
Au-delà du terrain, cette finale met également en lumière deux constructions solides et deux philosophies de club qui se font écho.
À Tartas, le discours de Mathieu Lalanne est lucide sur la saison. Malgré une première place partagée, « le championnat est joué » et la montée n’était pas l’objectif principal. Le club se projette davantage sur le long terme, en s’appuyant sur ses fondations : « Nous avons la chance d’avoir une belle école de football 100 % féminine. Nous essayons de créer une passerelle solide entre les jeunes et les seniors. »
Le Pôle Féminin Montois incarne quant à lui déjà cette continuité. Avec 75 % de l’effectif constitué de joueuses formées au club, le projet de Vincent Fayolle, Baptiste Bart et Jean-Noël Guibert repose sur la stabilité et la progression interne. « Cette continuité et cette progression sont les clefs », rappelle Vincent Fayolle, mettant en avant un groupe construit dans la durée et soudé autour de valeurs communes.
Le jeu comme juge de paix
Dans une finale aussi équilibrée, les détails feront la différence. Mais les deux entraîneurs s’accordent sur un point essentiel : tout passera par le contenu.
Pour Mathieu Lalanne, l’objectif est clair : « Élever notre niveau de maîtrise individuelle et collective » afin d’exprimer pleinement le potentiel du groupe.
Du côté montois, l’approche reste fidèle à la philosophie de progression défendue par Vincent Fayolle et son staff : « Nous préférons appuyer sur le positif », en valorisant « les qualités individuelles et collectives » d’un groupe en constante évolution.
Une chose est certaine, comme le rappelle Vincent Fayolle en conclusion : « La réalité est toujours celle du terrain, pas celle des statistiques. » Dans un duel aussi serré, il faudra bien plus que des références communes pour faire la différence. Il faudra simplement être, au moment venu, la meilleure équipe.
